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« Suis-je déjà trop vieille pour avoir un enfant ? »

Que je vous rassure tout de suite, je ne me pose pas cette question tous les jours (bien heureusement), mais des éléments récents m’ont fait réaliser que dans l’esprit de certaines personnes, à 28 ans, je suis déjà bien veille …

Ce genre de questions n’arrivent d’ailleurs jamais toutes seules. Avant d’être en couple, c’était toujours : « Toujours pas de copain ? ». Puis avant le mariage : « Alors, à quand le mariage ? » Et quand « enfin » nous avons décidé de franchir le pas : « Mais alors, c’est pour quand le bébé ? ». Ces questions qui sont anodines pour la plupart des gens, doivent-elles pourtant être posées ?

Imaginons une seconde que la jeune femme que cette personne X a en face d’elle soit stérile, qu’elle ait fait une fausse couche récemment ou encore qu’elle ne veuille pas d’enfant. Doit-elle pour autant subir ce genre d’agressions ? Le terme « agression » est peut-être un peu exagéré, mais la pression sociale envers les femmes est de manière générale très forte. Je ne comprends d’ailleurs pas le besoin qu’ont les gens de demander ce genre de chose. Est-ce parce que le côté naturel (besoin de reproduction, pression des gênes, survie de l’espèce) de cette situation n’a jamais été remis en question ? Ou est-ce que certaines personnes, qui sont déjà mariées ou ont déjà des enfants, ont besoin de valider leur choix comme étant normal (pour se rassurer, donc) ? Pour ma part, j’ai tendance à penser que plus les gens sont éduqués et plus le besoin ou l’impatience d’avoir des enfants est remis en question.

En effet, le taux de natalité en Suisse n’est pas au plus haut, si on en croit les études récentes. La raison la plus évidente de ce changement provient certainement de l’évolution de la structure familiale. Il devient de plus en plus difficile de concilier vie de famille et carrière professionnelle.
L’évolution des mentalités en terme d’égalité homme-femme a permis à celles-ci d’accéder à une meilleure éducation. De plus en plus de femmes étudient donc à l’université ou dans les hautes écoles. Le besoin ou l’impatience de créer une famille en est alors forcément retardé. Concilier vie estudiantine et petit poupon n’est pas chose facile. Il est donc bien plus difficile d’avoir des enfants tôt lorsque les études se terminent de plus en plus tard.
Si l’on regarde d’un peu plus près les statistiques nationales, on remarque d’ailleurs que l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant n’est plus de 23 ans, mais bien de 31.6 ans.

Pour résumer :

  • Devrions-nous encore poser ce genre de question ? Je dis « non » !
  • Suis-je déjà trop veille pour avoir une enfant ? Je ne le pense pas (et la moyenne nationale non plus) !

8 comments on “Être une femme – coup de gueule”

  1. C’est une question qui est aussi posée aux hommes, bien que la pression est probablement moins grande, j’imagine. En gros, une fois marié, pour beaucoup de gens, la prochaine étape est la « production » d’enfants… L’argument souvent répété contre le fait de devenir père plus tard est l’argument « des cheveux gris » : « Tu veux vraiment avoir l’air du grand-père de ton enfant, lorsque tu iras le chercher à l’école ? » 🙂
    • Mais oui, c’est vrai, mon cher Olivier, tu auras peut-être l’air d’être un peu « grand-père » lors de l’arrivée du futur petit B… Tu as bien déjà des cheveux blancs, non ? :-p
  2. Ton article est très juste ! Les personnes qui posent ce genre de questions se raccrochent à ce qui leur semble « normal et rassurant » Dès qu’on marche en dehors des clous, on se fait remarquer alors que ce n’est pas forcément notre but. Nous avons juste envie de vivre notre vie à notre rythme en dehors des pressions de la société. Peut-être aussi, comme tu le dis, parce que nous réfléchissons plus (en tout cas différemment).
  3. Très juste ! La pression est en effet omniprésente quand quelqu’un sort un peu de la « norme » ! poids, enfants, travail : tout est fait pour culpabiliser celui qui décide de prendre son temps ou qui à un problème quelconque… c’est triste. On s’en fiche de savoir ce qu’il se passe, il faut du résultat ! Malheureusement la vie se charge de te remettre les pieds sur terre. Pour ma part je suis en surpoids, au chomage et sans enfants et je vais sur mes 30 ans ! Autant te dire que les rangs de mes soutiens se sont très nettement éclaircis ! Bah oui un cas social obèse ça fait mauvais genre dans la famille !! Et en plus elle saoule avec un gamin !!!! Plutôt que de la soutenir et de l’aider moralement, non jugeons la ça la fera réagir !! Enfin, tu vois le genre quoi… Alors on se créée une bulle avec mon mari mais le moral lui ne suit pas toujours….
  4. Merci What’s up in my happy days pour ce commentaire criant de vérité et de sincérité !

    Pas facile effectivement lorsqu’on sort du moule. Les gens autour réfléchissent tellement peu lorsque cela concerne ce genre de sujets… Tellement désolant…

    Heureusement que tu as ton mari, c’est un pilier important ! Même si parfois il y a forcément des baisses de moral… Courage à toi ! Crier haut et fort ce genre de sentiments permet peut-être d’éloigner ces regards et ces mots si accusateurs ! Tu as choisi un bon défouloir !

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